Trash Goblin : le même récurage, thérapie pour les uns, corvée pour les autres
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La fiche du jeu démonte elle-même l'étiquette « simulation » que la boutique lui a collée : Trash Goblin préfère se définir par un geste répété, gratter la crasse pour dénicher ce qui vaut la peine d'être vendu.
Une fiche qui refuse le mot simulateur
Sur Steam, la fiche range Trash Goblin en Casual et Simulation. Deux phrases plus loin, le texte de la boutique contredit son propre étiquetage : « Ce n'est pas un simulateur, juste de bonnes ondes et des clients sympas à servir. » La contradiction n'est pas un accident, c'est la définition du jeu. On déterre des babioles prises dans la terre et la crasse, on burine pour révéler l'objet caché, on nettoie à l'éponge et on recombine des pièces pour en faire autre chose. Ce qui sort de l'établi part vers une file de clients excentriques, chacun avec une demande précise ou la simple curiosité de jeter un œil. L'argent qui rentre finance de meilleurs outils et l'agrandissement de la boutique : un tapis d'entrée qui attire la clientèle par produit, une baignoire qui nettoie pendant le sommeil, une boîte de l'honnêteté pour se débarrasser de ce qui reste.
Le jeu est signé Spilt Milk Studios Ltd, Gamersky Games étant également créditée à la distribution. Il est arrivé sur Steam le 28 mai 2025 en promettant l'inverse de l'empressement des autres jeux de commerce : aucun risque de faillite, aucune bonne façon de jouer, une clientèle qui revient quel que soit le temps qu'on prend. C'est cette promesse, plus que n'importe quelle mécanique isolée, qui donne la mesure de tout ce qui suit.
L'outil que le studio a baptisé Hugh
La mise à jour baptisée « Maker's Fortune », sortie en même temps que la première extension payante du jeu, a apporté un outil interne appelé Hugh : il retire la couleur et les propriétés de n'importe quelle partie d'une babiole et applique cette matière sur une autre pièce, laissant l'originale en « bois brut », prête à changer de visage. Spilt Milk présente l'idée comme un vieux souhait du projet, présent dès sa conception. Dans la même série de publications, le studio a fêté 100 000 exemplaires vendus.
Cette même extension est arrivée avec un bug qui bloquait la progression de certaines quêtes ; le correctif n'est venu que dans une mise à jour publiée plus tard, accompagné de réglages d'éclairage pour des scènes qui sortaient trop sombres. Si vous avez suivi la sortie et que vous vous êtes arrêté à cause de ce blocage, c'est cette mise à jour qui vous rendrait le jeu là où vous l'avez laissé. Des mois plus tard, le studio a ajouté une babiole entièrement fonctionnelle en forme de gnome, née d'une collaboration avec l'équipe derrière PowerWash Simulator 2.
Le même geste, appelé catharsis
Sur Steam, où cohabitent la fiche et les opinions reprises ici, qui passe par la boutique du gobelin en ressort en la recommandant, même quand il pointe un défaut en chemin.
Un joueur qui cumule 37 heures de boutique souligne qu'on peut le pratiquer à petites doses – un peu ici, un peu là, glissé entre d'autres obligations – et que la variété des outils et des clients empêche le cœur du jeu, toujours le même geste de buriner et de nettoyer, de lasser. C'est le genre de jeu qui reste quand la maison dort. Un autre avis, publié le 23 septembre 2026, qualifie le processus de cathartique et raconte avoir acheté l'extension payante sitôt son texte terminé. En portugais, une critique affichant 22 heures de jeu salue la traduction malgré quelques faux pas et décrit le jeu comme une bouffée d'air pour le catalogue indépendant de la boutique.
Tous les compliments ne vont pas sans réserve. Un avis à 32 heures décrit des personnages variés et une créativité sincère, mais concède que le jeu paraît inachevé, truffé de défauts, et qu'il donne peu envie d'y revenir une fois terminé. Un autre recommande du bout des lèvres : il cite des ratés de physique et des éléments de quête qui ne se déclenchent pas correctement, de quoi forcer à recharger la partie plus d'une fois – 15 heures de jeu, dans une critique de septembre 2026.
Le même geste, appelé corvée
La critique la plus constante vise exactement ce que les fans trouvent relaxant : pour qui n'a pas adhéré, buriner et nettoyer, c'est du travail répété sans récompense proportionnelle. Un avis à 8 heures de jeu calcule que transformer de la ferraille en antiquité rapporte bien moins que le jeu ne le promet, et reproche à l'histoire des clients de rester détachée de la progression : pas d'embranchement, pas de conséquence. Il date du 6 septembre 2026.
Les bugs pèsent plus lourd chez ceux qui sont restés plus longtemps. Un avis en russe à 28 heures réclame des fonctions de base comme le tri des objets ramassés et se demande pourquoi les succès de l'extension apparaissent mélangés à ceux du jeu de base. Un autre, à 1 heure seulement, signale un succès débloqué par erreur, des textures qui disparaissent et le sentiment qu'une partie du code a été automatisée : les deux ont été publiés le 18 septembre 2026. Un joueur arrivé à 13 heures décrit un tutoriel confus et se plaint de douleurs au poignet à force des clics répétés qu'exige le nettoyage – si votre poignet proteste déjà, c'est le détail qui décide si vous continuez. Un bug surnommé « Lute » apparaît dans un témoignage du 17 septembre 2026. Celui qui est tombé dessus dit avoir essayé 3 solutions de contournement sans rien régler, même après avoir signalé le problème plus d'une fois.
Une partie de cette usure figure déjà corrigée dans des mises à jour ultérieures, selon le studio lui-même : le bug qui bloquait la progression dans l'extension, par exemple, a été réglé dans une mise à jour dédiée. Mais il y a des reproches qu'aucun ajustement de jouabilité ne règle : un avis en portugais, enregistré avec 0 heure de jeu, raconte que le jeu est arrivé entièrement en anglais, sans option trouvée pour le traduire. Il date du 5 avril 2026, l'exact inverse de ce qu'une autre critique, elle aussi en portugais, décrira des mois plus tard.
À qui il vaut la peine de s'asseoir sans se presser
Le même geste – creuser, nettoyer, remonter – est une thérapie pour qui a la patience de répéter, et une frustration pour qui veut un nouvel objectif à chaque session. Si vous aimez la tâche fixe, sans risque et sans pression de temps, vous trouverez ici une longue compagnie ; s'il vous faut une histoire qui réagisse à vos choix ou une économie qui paie les heures investies, vous vous heurterez au même mur que décrivent les critiques les plus sévères. Vérifiez la langue à l'installation – le témoignage de qui a reçu le jeu en anglais sans alternative est réel – et ménagez le poignet de qui souffre déjà de tant de clics répétés. La fiche appelle cela de la simulation ; le jeu se définit surtout par le temps de qui a la patience de s'asseoir et de répéter le geste.