The Ouroboros King : une tactique d’échecs prisonnière de menus qui n’expliquent rien
Il n’est plus offert · il coûte de nouveau 9,99 US$
Voir dans la boutique ↗Cette page reste comme trace de ce qui a été offert.
La disponibilité peut varier selon la région.
Des batailles de poche où les pièces se recomposent à chaque défaite — sauf que comprendre le jeu demande plus d’efforts que de le gagner.
Un plateau qui recommence à chaque défaite
Dans The Ouroboros King, une pièce prévient elle-même qu’elle deviendra autre chose en montant de niveau, sans dire quoi. C’est le genre de friction qui revient de critique en critique : une tactique bien pensée, freinée par un jeu qui n’explique pas toujours ses propres règles.
Sorti le 27 février 2023, il réunit des pièces classiques et d’autres qu’aucun plateau ordinaire ne connaît, des reliques qui accordent des bonus et des objets valables le temps d’un tour, le tout pour monter une armée face au Repaire, au bout du chemin. La règle qui organise l’ensemble est sèche : une pièce à la fois, et chaque choix pèse sur les suivants. Perdre ne ferme pas la partie : cela renvoie vers une autre ligne temporelle, avec une carte, des ennemis et des récompenses tirés au sort à nouveau, et la défaite devient matière à la tentative suivante plutôt qu’une fin sèche.
Une partie dure de 15 à 45 minutes : de quoi tenir dans une courte pause comme dans une session plus longue. Tout le contenu est ouvert dès le départ, sans restriction d’accès, et qui n’a jamais étudié les échecs peut entrer aussi : le jeu ne demande aucun bagage du plateau classique, et son texte est intégralement traduit en portugais. Les illustrations sont signées Isaac Murgadella.
Après la sortie : Steam Deck, mods et un deuxième jeu
Oriol Cosp Games continue de retoucher le jeu bien après la sortie. Fin octobre 2024, le studio a annoncé une compatibilité totale avec la Steam Deck, avec des ajustements de résolution et une prise en charge complète de la manette : on peut jouer loin du bureau sans renoncer à l’expérience complète.
En février 2025, il a ouvert un test de mods construit avec IngoH, qui collabore avec le studio : qui possédait le jeu pouvait basculer sur une version de test et créer de nouvelles pièces à partir de la documentation mise à disposition par le studio lui-même.
En mai 2025, le même développeur a sorti un deuxième jeu, Gods vs Horrors : une stratégie à parties répétées, proche sur le fond, mais tournée vers la composition de l’ensemble parfait plutôt que vers l’exécution tactique pièce par pièce qui fait The Ouroboros King.
Celles et ceux qui recommandent égratignent quand même l’interface
Sur Steam, où le jeu est vendu, la balance penche du côté favorable chez les personnes qui y jouent, mais les opinions divergent — et deux critiques favorables aident à comprendre pourquoi.
Après 13 heures de jeu, une critique du 6 septembre décrit une expérience amusante pour qui aime déjà les échecs, mais sans souffle pour durer : plutôt une curiosité que l’on traverse une fois qu’un jeu sur lequel on revient.
Après 6 heures, une critique du 25 septembre salue les variations que le jeu propose sur les échecs classiques et le rythme des parties — et, dans le même texte, qualifie l’interface d’une des pires jamais vues dans un jeu : des pièces qui annoncent un changement à venir sans dire lequel, des menus où rien ne s’explique tout seul. L’éloge vient avec une réserve : aimer le plateau ne dispense personne de se battre avec ses menus.
La balance s’inverse : des pièces qui ne jouent pas selon leurs propres règles
De l’autre côté de la balance, la plainte se répète : le jeu ne joue pas toujours selon les règles qu’il fixe lui-même. Après un arrêt à 3 heures, une critique du 7 septembre impute une bonne part de la frustration à l’intelligence artificielle adverse, qui, dans cette lecture, recourt à des tactiques déloyales pour renverser des parties déjà jouées.
Après 23 heures — la durée la plus élevée parmi les critiques —, une critique du 6 septembre va plus loin : elle pointe un succès précis, presque impossible à décrocher sans souffrance, décrit un coup qui ignore une défense censée valoir contre lui, et réclame un rééquilibrage de deux pièces : l’une se retrouve pratiquement hors de danger dès qu’elle élimine un ennemi, l’autre est jugée tout simplement trop forte pour le reste du jeu.
Une troisième lecture, après un arrêt à 6 heures dans une critique du 9 septembre, résume l’idée derrière les deux autres : le concept convainc, mais l’exécution n’atteint pas encore ce qu’il promet. Plus on joue en profondeur, plus on risque de tomber sur une règle qui semble s’être oubliée elle-même.
À qui s’adresse le plateau
Il convient à qui veut trancher vite et en finir en une seule session : des parties de 15 à 45 minutes, tout ouvert dès le premier tour, aucun bagage d’échéphile exigé à l’entrée. Il convient aussi à qui a quelqu’un à côté de soi : le jeu se joue à deux sur le même appareil, avec des pièces qu’aucun plateau classique ne possède pour défier cette autre personne.
Il ne convient pas à qui s’agace d’un jeu qui cache ses propres informations, ni à qui compte empiler des dizaines d’heures à triturer des pièces qui, selon celles et ceux qui y sont parvenus, ne jouent pas selon les règles promises. Sur ces deux points — le menu muet et l’équilibrage contesté —, celles et ceux qui recommandent le jeu et celles et ceux qui le déconseillent décrivent exactement la même chose, mais depuis deux extrémités opposées de la patience.