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Spider Fox : le renard à toile d'araignée qui défait les mélanges d'un savant

EPIC
TERMINÉ LE 13 AOÛT

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Œuvre d'un studio d'une seule personne, il mise tout sur une tâche — soigner bête après bête — et c'est là que se séparent ceux qui décompressent et ceux qui s'en lassent.

Un renard à toile, un savant et un tas de bêtes à moitié faites

Un savant fou s'est mis à coller les bêtes les unes aux autres, et c'est à un renard qui lance de la toile comme une araignée de défaire la pagaille. Voilà toute la prémisse de Spider Fox : on se balance de toile en toile, on atteint chaque animal mélangé et on le soigne, un par un, jusqu'à remonter à l'auteur du désordre. Pas d'armes ni d'écran de mort — le jeu traite ses créatures comme on secourt, non comme on chasse.

La progression tient à un seul rouage. Chaque nouvelle zone s'ouvre quand on a soigné assez d'animaux et amélioré le niveau de la toile et de l'escalade, en payant ces améliorations avec ce que l'on ramasse en chemin : pièces, objets cachés, coffres. Qui le souhaite peut se donner pour but de soigner toutes les bêtes du jeu, ce que sa propre fiche décrit comme convenant à tout âge.

D'où vient une idée pareille ? Un joueur brésilien qui l'a diffusé en direct, en avril 2024, raconte que le renard est né des idées et des réactions du fils de cinq ans du créateur — et il y voit un mérite, non un défaut. Cela colle : la toile est ici presque un lien d'affection, et la logique qui consiste à réunir des bêtes pour ensuite les séparer a bel et bien le goût des inventions d'un enfant.

L'homme derrière le renard — et les figurines qu'il a fait imprimer

Spider Fox n'est pas l'œuvre d'une grande équipe. Celui qui le signe, Wes Abrams, de Planet 47 Games, parle toujours à la première personne dans les communiqués du studio et mène d'autres jeux en parallèle de celui-ci : après ce renard, il a sorti Bigfoot Life, en novembre 2025. Et il n'a pas lâché le personnage : il est allé jusqu'à commander des figurines de lui imprimées en 3D, faites sur mesure, pour qui voulait un morceau du jeu sur son étagère. Dans l'un de ses messages, il remercie pour le soutien reçu pendant des problèmes de santé. C'est le portrait d'un petit studio, et cela change le poids de certaines critiques plus loin : ce qui ressemble à un manque d'ambition n'est peut-être que la taille de celui qui l'a fait.

Ceux qui restent parlent de quiétude — et le reproche le plus dur vient d'un fan

Chez ceux qui le recommandent, le mot qui revient est repos. Un joueur qui a diffusé la partie en direct, déjà quatre heures dedans, en avril 2024, dit que c'était reposant même pour ceux qui se contentaient de regarder, et qu'il n'a rencontré aucun bogue ; ça tourne sans accroc sur une machine modeste. C'est le genre de chose qu'on laisse défiler en fin d'après-midi sans y prêter grande attention. Un autre, qui y a joué en direct une heure environ, s'est amusé à baptiser chaque combinaison de bête et assure qu'il donne plus qu'il n'en a l'air, dépassant les cinq heures pour qui y va tranquillement. Un père est allé droit à l'usage : il a mis son jeune fils à jouer et lui a donné neuf sur dix.

Le reproche le plus tranchant, pourtant, ne vient pas de quelqu'un qui l'a détesté, mais de quelqu'un qui l'a recommandé. Le joueur qui a cumulé le plus d'heures, six, dès la sortie, apprécie la balade consistant à décrocher des succès faciles, mais admet dans le même texte qu'il manque un but clair et que les niveaux n'ont pas de fin définie : on entre, on ramasse ce qu'il y a, et c'est terminé. C'est un fan qui montre le trou avant les critiques. Et il est juste de dire d'où viennent ces éloges : non du public qui reçoit le jeu aujourd'hui, mais de sa page sur Steam — des gens venus d'une autre boutique, où la poignée de ceux qui se sont exprimés le classent "Très positif", à peine une voix discordante.

58 ont aiméVery Positive3 non

Ceux qui abandonnent tombent sur la même tâche jusqu'au bout

La boucle qui berce les uns est celle qui lasse les autres, et le jeu est fait d'une seule boucle. Un joueur s'est arrêté au bout de deux heures, en avril 2024, parce qu'il avait soigné toutes les bêtes de la première zone sans savoir que ce n'était pas nécessaire — et en une demi-heure il a eu le sentiment d'avoir déjà tout vu. Il s'est plaint aussi de perdre les objets à collectionner au milieu de tant de vert et de tant de couleurs. Ce n'est pas la rogne de quelqu'un qui déteste le genre : lui-même loue l'idée et l'aspect visuel.

La plainte se répète dans d'autres voix. Un testeur avec deux heures de jeu, également début 2024, a trouvé les niveaux bien trop grands pour le peu qu'il y a à faire, et résume que la toile n'est bonne que lorsque le jeu vous laisse vous en servir. Un troisième, avec quatre heures, est allé à l'os : la formule qui consiste à soigner des bêtes ne change jamais, les décors n'accrochent pas, et exiger toutes les améliorations pour affronter le boss final, c'est demander trop pour si peu de variété. Aucun d'eux n'insulte le jeu ; tous disent qu'il y avait là quelque chose de bon, étouffé par la répétition.

Une demi-heure suffit pour savoir si vous restez

On découvre vite si Spider Fox est fait pour vous — une demi-heure a suffi au joueur qui s'ennuyait pour voir tout ce qu'il y avait. Si vous cherchez quelque chose qui ne punit pas, ne presse pas et ne réclame presque aucune attention — pour un enfant, pour la fin d'une journée lourde, pour une diffusion légère —, le renard offre cette quiétude du début jusqu'au boss final. Si vous voulez que les choses changent, qu'un nouveau défi surgisse, une mécanique au-delà du balancement sur la toile, un objectif qui tire vers l'avant, la répétition devient un mur. Le renard a huit pattes, mais il avance toujours du même pas : qui y voit un repos reste ; qui espère que cela change s'en va avant la deuxième carte.