
MaSzyna : le simulateur de trains qu'une communauté de passionnés peaufine depuis plus de vingt ans
Sans échéance : il reste au catalogue jusqu’à ce que la boutique le retire.
Récupérer sur GOG ↗La récupération se fait sur votre propre compte de la boutique ; Clairo ne le récupère pas à votre place.
La disponibilité peut varier selon la région.
La fidélité vient de gens qui étudient pour de vrai le freinage et la signalisation ferroviaire ; le revers, c'est qu'une bonne partie de la cabine ne parle que polonais.
Freinage réel, signalisation réelle, erreurs qui se paient cher
Il existe une communauté qui règle depuis plus de vingt ans le même simulateur de trains polonais, pièce par pièce, sans jamais abandonner le projet — et le résultat vient d'arriver sur GOG en accès anticipé. MaSzyna ne recrée pas une voie ferrée quelconque : il reproduit, avec un soin particulier pour le freinage et la signalisation, ce qui fait vraiment rouler une locomotive électrique ou diesel. Le catalogue compte plus de quarante locomotives et plusieurs automotrices, chacune avec un son enregistré dans de vraies cabines et de vraies gares, et des livrées copiées sur des photographies plutôt que sur des textures génériques.
On monte en pensant qu'il suffira de manier l'accélérateur et le frein, et on découvre que la physique du freinage ne pardonne pas à qui improvise : chaque type de rame réagit différemment, de l'express au train de marchandises lourd. La carte mêle un tracé fictif à un tronçon réel du réseau ferroviaire polonais entre Częstochowa et Ozimek, et la signalisation du trafic suit les règles en vigueur sur les chemins de fer du pays — y compris dans les scénarios de manœuvre et les trains techniques, qui exigent une autre forme d'attention que de simplement aller de A à B. Les événements aléatoires entrent aussi en jeu, si bien que la même mission ne se déroule jamais deux fois de la même façon.

Vingt ans plus tard, toujours pas de remplaçant à sa hauteur
Le nombre d'avis reste modeste, mais penche vers l'éloge, et ceux qui sont passés par la cabine en ressortent le plus souvent en la recommandant. Le jour où le jeu a fait ses débuts sur GOG, un joueur polonais a raconté avoir accumulé des centaines, voire des milliers, d'heures dans le simulateur au fil de plus de vingt ans — et a assuré qu'à ce jour aucun concurrent n'était venu lui prendre sa place. Ce qui retient un vétéran de ce genre, c'est le détail, et on le sent dès qu'on remarque que chaque rame possède son propre son et son propre modèle, avec des scénarios qui vont du train de voyageurs au convoi technique de manœuvre.
Un avis de mai se montre plus dur envers les graphismes, qui trahissent le moteur vieillissant, et se plaint d'une installation qui dépasse les quatre-vingts gigaoctets — mais ne cache pas son enthousiasme pour les scénarios de fret, qui selon son auteur surpassent ce qu'on voit dans un simulateur commercial concurrent, le Train Sim World. Un joueur allemand, à la fin du même mois, est allé à rebours de son propre scepticisme : il dit avoir essayé presque tout ce qui existe dans le genre et avoir malgré tout été impressionné, surtout après avoir configuré des raccourcis de commande par intelligence artificielle.
En août, un autre Polonais a raconté avoir troqué MS Train Simulator contre ce projet il y a une vingtaine d'années et n'avoir plus jamais rien regretté — pour lui, l'installation via GOG a réglé une fois pour toutes ce qui avait toujours été le point faible de la communauté : distribuer, installer et mettre à jour le jeu sans prise de tête. La mesure que posent ces avis n'oppose pas le beau au laid : elle dit combien d'étude on est prêt à payer pour la fidélité de la cabine — car le même moteur qui n'a jamais changé de socle n'a jamais non plus appris à parler à tout le monde.
La cabine parle polonais, et tout le monde n'est pas prêt à l'apprendre
Les voix dissonantes sont rares, mais elles pointent le même angle mort. Le 17 juin, un joueur a écrit que le jeu était peut-être bon, mais qu'il n'avait pas pu s'en rendre compte : faute d'une traduction complète, il n'a pas compris assez pour ne serait-ce que commencer à jouer. On ouvre le programme qui lance le jeu, on voit les menus en polonais, et la première session tourne au cours de langue avant de tourner à la partie.
Le 26 mai, la critique a été plus sévère encore : un joueur allemand a dit préférer un simulateur de trains à l'intérieur de Roblox, n'ayant reçu aucune explication sur les commandes et n'ayant pas vu, dans les faits, ce que les images de la boutique promettaient. C'est l'exact opposé de celui qui a pris le projet au sérieux pendant vingt ans : ici, la patience s'est épuisée avant la première gare.
Qui étudie le manuel reste ; qui veut seulement conduire descend à la première gare
MaSzyna récompense ceux qui aiment apprendre avant de rouler : lire le manuel, mémoriser la signalisation, comprendre pourquoi un train de marchandises freine autrement qu'un express. C'est ce type de vétéran que la communauté eu07.pl forme depuis vingt ans, et c'est pour lui qu'existent les scénarios de manœuvre et les trains techniques. Celui qui veut juste ouvrir le jeu et filer sur les rails se heurte de plein fouet à la langue : le programme qui lance le jeu reste sans traduction complète, et sans patience pour le polonais — ou quelqu'un pour traduire à côté — la première session ne va même pas à son terme. On décide en quelques minutes de quel côté on se range : si le manuel éveille la curiosité, le reste du simulateur s'ouvre ; s'il lasse, mieux vaut chercher un autre train. Ce que ce simulateur exige, ce n'est pas du talent — c'est du temps d'étude.