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Cat Named Mojave : pour sortir du désert, il faut passer par la cave d'un Homme-Chat

EPIC
TERMINÉ LE 15 AOÛT

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Un jeu d'horreur surréaliste et court qui tient à mettre mal à l'aise – et qu'on recommande précisément pour ça.

Le marché avec l'Homme-Chat

Une batterie de voiture à plat vous abandonne au milieu du désert, sans issue. La seule répond au nom d'Homme-Chat : charismatique, l'œil sans cesse posé sur vous et instable au point qu'on ne sait jamais sur quel pied danser. Le marché qu'il propose est bref : rapporte des trophées dans sa cave, et tu pourras peut-être partir. Les trophées sont les créatures surréalistes qui vivent au-dehors, et la besogne ne s'arrête pas à la chasse : il faut les dépecer, les découper et les entreposer.

C'est un jeu d'horreur à la première personne, aux mécaniques simples et voulues telles quelles. La caméra n'exige pas de réflexes rapides, et le malaise ne naît pas de la frayeur, mais de ce que le jeu place entre vos mains. À chaque pièce livrée, le décor s'ouvre un peu : des indices d'un désert presque mort, où vous semblez l'un des derniers humains, semés avec juste assez d'ambiguïté pour que vous complétiez le reste vous-même. Le gameplay ne vous laisse jamais oublier ce qu'il réclame : affronter votre propre rôle dans l'histoire fait partie du jeu.

Le studio n'a pas lâché le jeu après décembre

Stargazers Studios, seul signataire du jeu, n'a pas disparu après la sortie. Dans les mois qui ont suivi, le studio a porté l'horreur sur PS5, l'a fait vérifier sur Steam Deck et s'est assis avec des traducteurs pour ajouter une prise en charge officielle du russe, du japonais et du chinois simplifié, en plus de changer les polices et de corriger des fautes qui gênaient la lecture dans plusieurs langues. C'est un travail de coulisses sans éclat, mais il dit quelque chose : un petit studio qui traite un jeu court et déjà terminé comme une chose vivante, en élargissant le cercle de ceux qui peuvent y jouer plutôt que de foncer vers le suivant.

Ceux qui le recommandent avouent aussi s'être sentis mal

L'accueil rassemblé sur Steam est chaleureux et gênant à la fois. Une personne y a passé cinq heures, l'a terminé puis recommencé rien que pour voir ce qui lui avait échappé ; elle a décrit l'ambiance comme une chaleur sèche et pesante, faite d'incertitude constante, à regarder derrière soi à chaque pas. Une autre a arrêté au bout d'une heure, l'a recommandé quand même et a résumé en disant qu'elle avait détesté toute l'expérience – et elle a remercié le studio pour cela. Un troisième, après deux heures, est sorti du désert en emportant les questions du jeu plutôt que ses réponses, touché par le monde triste qu'il avait traversé.

L'éloge ne porte presque jamais sur le plaisir. Il porte sur la tension : des gens restés sur la pointe des pieds, qui ont ri de nervosité quand le chat s'est mis à danser dans la cuisine, qui sont repartis en songeant à l'absurdité de prêter des valeurs humaines aux bêtes. L'humour macabre avance main dans la main avec la violence sans adoucir ni l'un ni l'autre. Rien de tout cela ne vient de la boutique où le jeu est offert : ceux qui l'ont écrit sont sur sa page Steam, et là l'éloge est presque unanime, au sein d'un public encore restreint.

312 ont aiméVery Positive14 non

Le reproche qui revient : c'est trop court

La critique récurrente ne vient pas de ceux qui ont détesté le jeu, mais de ceux qui le recommandent : il est court. Un joueur de quatre heures est arrivé au bout en voulant plus – plus de monde, plus de développement, une fin moins abrupte. C'est la remarque de quelqu'un qui voulait continuer, pas de quelqu'un qui l'a regretté. Et il y a le malaise voulu : dépecer et découper les créatures n'est pas un ornement, c'est le cœur du jeu. Qui espère que l'horreur offre un peu de réconfort à la fin n'en trouvera aucun.

Pour qui a l'estomac bien accroché et un après-midi de libre

C'est pour qui veut une histoire d'horreur courte, étrange et crasseuse, du genre qui continue de vous travailler des heures après l'avoir éteinte, et que cela ne dérange pas d'être complice de ce qui se passe à l'écran. Si voir une bête se faire dépecer vous soulève déjà le cœur, la première chasse clôt le sujet sur-le-champ. Si vous mesurez un jeu en heures de campagne, la fin arrive bien trop tôt – les fans eux-mêmes en ont réclamé davantage. Et si vous cherchez un divertissement léger, l'Homme-Chat n'habite pas chez vous. Ce qu'il vous demande, ce ne sont ni des réflexes ni de la patience : c'est de tenir le couteau jusqu'au bout et d'endurer ce qu'il fait.