
Natal Untail : la dernière fête debout dans une Atlásia en ruines
Sans échéance : il reste au catalogue jusqu’à ce que la boutique le retire.
Récupérer sur GOG ↗La récupération se fait sur votre propre compte de la boutique ; Clairo ne le récupère pas à votre place.
La disponibilité peut varier selon la région.
Préquelle indépendante de BROK the InvestiGator, ce visual novel dure environ une heure et sépare ceux qu'il a émus de ceux qui ont flairé une publicité déguisée en conte de Noël.
Un Noël corrompu à Atlásia
Dans une Atlásia déjà réduite en ruine, la fête qui subsiste de Noël s'appelle Natal Untail — une version corrompue de l'ancienne tradition de la planète. C'est pour la célébrer que les étudiants Graff et Ott sont convoqués, et c'est là, au cœur de la décadence, que tous deux découvrent que partager, et avoir quelqu'un avec qui partager, valent encore quelque chose.
La sortie a eu lieu en décembre 2024, encore en accès anticipé sur la boutique, avec une accessibilité complète pour les joueurs aveugles en anglais — un atout que la fiche du jeu met elle-même en avant. Le jeu tourne aussi dans d'autres langues, ce qui a valu des critiques spontanées rédigées en français et en allemand, en plus de celles en anglais.
L'histoire sert de porte d'entrée dans l'univers de BROK the InvestiGator : elle présente les personnages et le vocabulaire du jeu principal, et la boutique elle-même assure qu'il n'est pas nécessaire d'avoir joué à Brok au préalable pour suivre. On entre sans savoir qui est Brok et l'on ressort en en sachant assez pour passer au jeu principal, si on le souhaite. Mais le catalogue range aussi le titre dans la catégorie combat, un héritage du jeu qu'il précède : ici, ni coup ni énigme, rien que de la lecture, sans choix de dialogue, racontée en chapitres qui font passer le point de vue d'un des trois personnages centraux à l'autre.

Les scènes bonus du générique que personne ne veut sauter
Ceux qui y ont joué juste après la sortie, en décembre 2024, résument l'expérience par un conseil qu'ils répètent : ne sautez pas le générique. Si vous allez jusqu'au bout, vous y trouvez des scènes bonus cachées — le genre d'attention qui récompense celui qui ne lâche pas en chemin.
La critique française, du 14 décembre 2024, salue la traduction et souligne la structure en chapitres qui fait passer le point de vue entre les trois personnages, sans choix de dialogue ni le moindre mini-jeu. En allemand, une critique du 18 décembre de la même année dit avoir été touchée par le récit et remercie l'équipe ; une autre, publiée en janvier 2025, va droit à la bande-son, qui, pour celui qui l'a écrite, est ce qui reste le plus une fois le générique passé.
Mais la critique la plus détaillée du lot, du 21 décembre 2024, est aussi celle qui pointe la limite : elle qualifie l'histoire de courte mais complète, salue les graphismes et le texte, et reconnaît que les personnages ont peu de place pour se dévoiler. Pour son auteur, c'est un défaut pardonnable, car le conte est saisonnier — ce n'est pas l'aventure entière.
Quand Noël devient un appât, selon les critiques
La critique la plus sévère, publiée fin décembre 2025, ne parle pas de l'intrigue : elle parle de l'intention. Pour son auteur, le studio n'a soigné ni l'histoire ni le gameplay, a de nouveau laissé de côté les joueurs Linux qui avaient soutenu les sorties précédentes, et se sert du conte comme d'un appât pour garder le nom de COWCAT en vue et vendre le jeu principal. La confiance dans le studio, dit cette personne, est rompue.
Une autre critique, de septembre 2025, voit le même conte autrement : si l'on attend une histoire de Noël classique, le détour par la crise climatique pèse plus lourd que l'esprit de la fête, et le rythme s'enraye à cause de cela. Une troisième, de décembre de la même année, est plus sèche encore — elle juge le jeu faible et réclame davantage d'options de langue dans les sous-titres.
L'ironie, c'est que la critique la plus sévère et l'une des plus élogieuses paraissent le même jour, le 24 décembre 2025 : tandis que l'une range le conte parmi les manœuvres publicitaires, l'autre le décrit comme une histoire émouvante sur un personnage secondaire de la série, Graff, à la veille de la fête. Ce ne sont pas deux phases du public — c'est le même public, au même instant, qui voit des choses différentes.
À qui s'adresse une heure dans une Atlásia en déclin
Qui cherche le prochain chapitre de combat et d'enquête de la série n'en trouve rien ici : ni coup, ni énigme, et l'étiquette combat du catalogue est un héritage du jeu qui vient ensuite. Si vous ne voulez qu'une courte histoire de Noël, avec un monde en déclin en toile de fond et une fin qu'il vaut mieux ne pas dévoiler, vous en sortez satisfait après environ une heure de lecture — même en sachant que, pour certains, cette même histoire n'est qu'un leurre pour le jeu principal.
Les fans de la série gagnent un contexte qui n'existait pas ; qui n'a jamais entendu parler de Brok peut entrer aussi, car l'histoire se charge elle-même de présenter tout le monde. Reste à la porte qui attend des décisions capables de changer le cours du conte : ici, aucun choix, rien que la page qui se tourne. Et qui espère une intrigue mûre sur le changement climatique, et non une note en marge, en ressort aussi frustré que la critique la plus sceptique.