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Breathedge : l'enterrement de grand-père tourne au naufrage spatial, et la poule survit

EPIC
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L'humour effronté du studio séduit autant de joueurs qu'il en fait fuir ; toute la différence tient à combien de temps chacun tient à rire avant de s'en lasser.

Un enterrement dans l'espace qui vire au naufrage dans le vide

Le personnage répond au nom d'Homme, sans nom de famille, et se rendait à un enterrement dans l'espace en transportant les cendres de son propre grand-père lorsque le corbillard où il se trouvait a volé en éclats en plein vide. Il sort du désastre entouré de débris, des corps flottant autour de lui et une poule qui, selon toute apparence, ne peut pas mourir. Ce qui commence comme un deuil vire à la conspiration : l'intrigue qu'il découvre dans les décombres entraîne le héros malgré lui dans une mission pour sauver une princesse.

La survie tourne autour du ruban adhésif : avec lui, on peut fabriquer de tout, de l'inutile à l'essentiel – y compris des objets capables de mettre brutalement fin à l'aventure si on les manipule sans précaution. Le joueur bâtit sa propre station, règle l'approvisionnement en oxygène et en électricité, installe des panneaux solaires et remplit les lieux de ferraille, de meubles et d'une ferme à hamsters. À l'extérieur, on peut assembler une petite fusée ou une grande navette spatiale pour raccourcir les distances entre les épaves.

Le ton est celui d'un humour noir servi avec un cynisme constant, des cinématiques bâclées à dessein et un ennemi qui semble tout droit sorti du délire du scénario lui-même. C'est l'œuvre de RedRuins Softworks, sur le marché depuis février 2021. La fiche range le jeu parmi l'action, l'aventure, la simulation et la production indépendante – des étiquettes qui ne rendent pas justice à la blague interne qui traverse toute la partie.

La suite est en chantier, et le studio se moque encore de son propre retard

Les communiqués de RedRuins Softworks sur le mur Steam gardent le même ton de travers que le jeu. Un billet d'avril plaisante à l'idée de recourir à un générateur de texte pour rédiger l'annonce, puis écarte l'idée dans la foulée, affirmant que pas même une machine n'écrirait de la sorte. Un autre, de juin, prévient que l'accès anticipé de Breathedge 2 arrive en août et promet une vidéo des premières minutes du jeu, sans date arrêtée pour sa parution.

L'historique plus ancien retrace le chemin parcouru : une démo jouable de Breathedge 2 mise en ligne pendant le Steam Next Fest, suivie de mises à jour sur le développement et d'un aperçu baptisé Canyons, un projet à part annoncé avec la même dérision. Ce n'est pas le silence d'un studio qui a laissé tomber son premier jeu – c'est un studio qui continue de publier, et la blague interne est devenue partie intégrante de sa propre communication officielle.

Ceux qui sont venus pour la comparaison avec Subnautica sont repartis satisfaits

La référence qui revient le plus est celle d'une survie spatiale à la manière de Subnautica, et plus d'un joueur remarque que le jeu lui-même joue de cette ressemblance. L'un d'eux, avec 25 heures de jeu dans un témoignage d'août, décrit la construction et la campagne comme solides ; il reconnaît que les passages à pied après le troisième chapitre lassent, mais l'attribue à un problème ponctuel de level design, non à un manque de contenu. Un autre, avec 49 heures au compteur dans un autre témoignage du même mois, salue les clins d'œil disséminés à d'autres jeux, films et personnages, et rit des blagues croisées en chemin.

Une joueuse avec 35 heures comptabilisées dans un témoignage d'août se souvient du cadeau d'une amie prénommée Edna, qui traversait une grave maladie et allait s'éteindre peu après ; elle décrit l'histoire du jeu comme drôle, l'humour comme mordant, et dit que la poule de l'intrigue lui a fait de la peine. Une deuxième personne, avec 4 heures enregistrées elle aussi en août, a trouvé les graphismes simples mais jolis, et suggère que le jeu explique mieux, dès le départ, le fonctionnement de la faim, de la soif et de la santé – une critique qui ne l'empêche pas de le recommander.

Celui qui a passé 23 heures dans le jeu, en août également, résume la gêne principale : seulement quatre emplacements rapides pour des dizaines d'outils différents, ce qui oblige à changer d'objet sans arrêt – et malgré tout, il recommande l'ensemble.

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Là où la blague fatigue, et où l'oxygène devient une laisse

La blague même qui a tiré un rire à celle qui a reçu le jeu en cadeau d'une amie qui n'est plus là est celle qui fait qu'un autre joueur abandonne au bout de peu de temps. La plainte la plus répétée parmi les témoignages en anglais, c'est l'excès d'humour scatologique : des blagues de gaz, de pipi et de sexe enchaînées les unes aux autres au point que les répliques se chevauchent. L'un de ces joueurs, avec 1 heure de jeu dans un témoignage d'août, reconnaît que plusieurs blagues d'ambiance fonctionnent bien – mais le jeu lui-même interrompt la scène pour les expliquer, et la blague meurt là.

Il est dix heures du soir et la jauge d'oxygène clignote en rouge tandis que vous cherchez encore quel boulon déverrouille la porte suivante : c'est dans ce genre d'instant que la maniabilité du jeu déçoit. Elle exige de la précision pour ramasser objet par objet, à la manière de Skyrim, mais le déplacement est rapide et imprécis – et empire dans les passages où la pression de l'oxygène pousse en avant, à l'opposé du fait de s'arrêter et de viser avec soin. Celui qui l'a rapporté, avec 0 heure au compteur dans un témoignage d'août, en est venu à douter que quiconque ait testé ce passage tranquillement.

Au bout de 17 heures, quelqu'un qui avait lui aussi comparé le début à Subnautica a jugé le milieu du jeu plus fatigant, a eu recours à un correctif pour donner une durabilité infinie aux outils, et a arrêté pour de bon lorsque la dernière ligne droite s'est mise à n'exiger guère plus que de marcher sans rien faire – le dénouement, cette personne a préféré le regarder après coup, en dehors du jeu. Quant à celui qui a investi 13 heures et a vu deux valises pleines d'objets disparaître de la base après un souci technique, il regrette de ne pas pouvoir recommander l'ensemble rien qu'à cause de cela.

La blague en vaut la peine, pour qui franchit le début

Le vrai désaccord ne porte pas sur le fait d'aimer ou non la survie spatiale – n'importe quel jeu du genre divise là-dessus. Il porte sur la dose d'humour de vestiaire que chaque joueur supporte d'entendre en essayant de ramasser des boulons et de gérer l'oxygène. Sur Steam, où le jeu est vendu et d'où proviennent la fiche et les opinions utilisées ici, ceux qui vont jusqu'au bout en ressortent le plus souvent en le recommandant – signe que, pour qui franchit le début, la blague vaut le désagrément.

Ceux qui rient facilement d'un humour grossier traversent la partie laborieuse de collecte et d'oxygène sans trop en pâtir. Ceux qui ne rient pas butent dès la première heure, exactement comme y ont buté les témoignages qui ont abandonné le jeu tôt – et cette première impression ne change plus ensuite.