
Bounty Train campe en accès anticipé depuis 2016
Il n’est plus offert · il coûte de nouveau 9,99 US$
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Entre ceux qui défendent ce train hérissé d'armes et ceux qui jurent qu'ils ne le conseilleront à personne, la querelle porte toujours sur le même système : le combat.
Une étiquette de chantier que personne n'a mise à jour
Bounty Train est paru le 16 août 2016 et, d'après la boutique même qui le distribue, il n'a jamais quitté l'accès anticipé. L'étiquette étonne pour un titre qui a eu le temps d'accumuler les retours des joueurs du lancement comme de ceux arrivés bien plus tard : la boutique annonce un chantier, alors que celui qui embarque trouve un simulateur achevé, avec un début, un milieu et une fin.
Le décor est le Far West de la fin du XIXe siècle, avec de véritables villes de l'Ouest américain reliées par le rail. On hérite d'une partie des actions du chemin de fer paternel et on part en chercher le contrôle majoritaire, tout en assemblant son propre train pièce par pièce — blindage, wagons, armement improvisé — et en décidant, ville après ville, si l'on règle chaque problème par la parole, par un pot-de-vin ou par les armes. La campagne n'est pas linéaire : on peut représenter l'une des quatre factions et changer de camp en cours de route, et empêcher le déplacement forcé des peuples autochtones fait partie de ce que l'histoire met en jeu, sans que l'issue soit racontée ici.
Le projet est signé Corbie Games ; la distribution est revenue à Daedalic Entertainment. Les genres officiels annoncent stratégie, simulation et histoire — des étiquettes qui ne préparent personne au mélange réel : du commerce ferroviaire avec ses routes et ses cargaisons, des fusillades tactiques quand des bandits tendent une embuscade au train, et des choix diplomatiques qui redessinent la carte politique entre les factions.

Ceux qui l'aiment l'aiment en connaissance de cause
Celui qui prend la défense de Bounty Train commence presque toujours par répondre à un reproche que personne ne lui avait fait : il raconte qu'il a lu les plaintes et qu'il a embarqué quand même. L'un de ces joueurs s'est lancé en 2023, a comparé le jeu à d'autres titres de tactique et de commerce qu'il pratiquait déjà, et en est ressorti convaincu que l'équilibrage s'était amélioré depuis les premiers retours ; dans le même texte, il réclamait davantage de contenu pour la campagne.
Un autre témoignage, d'avril 2017, décrit un jeu plus profond qu'il n'y paraît : un simulateur de transport qui devient, au bout de quelques heures, presque une fiche de personnage sur rails — train léger et rapide d'un côté, forteresse lente et blindée de l'autre, et ce choix pèse sur toute la suite de la partie. La difficulté élevée n'y figure pas comme un grief mais comme un compliment. Le même témoignage avoue avoir repris la campagne trois fois pour trouver le moyen de gagner, et compte cela parmi les défis, non parmi les défauts.
La dernière entrée de l'historique des retours, datée de novembre 2025, résume cette fidélité sous conditions : éloge de la bande-son, des rencontres aléatoires du parcours et de la progression de l'équipage, mais aveu que l'interface reste aussi raide que celle dont on se plaignait des années plus tôt, que les parties sauvegardées se corrompent encore de temps en temps et qu'une bonne part de l'argent vient du fait de refaire les mêmes trajets. La conclusion de l'auteur n'est pas une mise en garde : c'est un oui, réservé à qui sait déjà dans quoi il s'engage.
La fusillade que personne ne défend
Le texte le plus lu au sujet de Bounty Train n'est pas celui d'un joueur qui a détesté le jeu : c'est celui d'un joueur qui jure l'adorer et qui déconseille pourtant de l'acheter. Rédigé en janvier 2020, il qualifie le concept de fascinant et le jeu, au fond, d'addictif ; le problème, selon lui, tient à des dizaines de petites décisions d'interface qui changent chaque clic raté en sentence définitive, car la sauvegarde automatique inscrit le mauvais état sans laisser le moyen de revenir en arrière.
La plainte revient sous des formes différentes, mais le schéma ne change pas : une embuscade vous oppose à une petite armée alors que l'équipage du joueur remplit à peine un wagon, et le sentiment, tel que le décrivait au milieu de 2018 un joueur encore actif, est que les responsables du jeu avaient promis de rectifier cette balance, puis ont cessé de revenir sur le sujet.
Un autre récit, de septembre 2019, décrit une impasse qui ressemble à une blague et n'en est pas une : sans charbon, le train n'avance pas ; sans avancer, pas moyen de gagner de l'argent ; et sans argent, pas moyen d'acheter du charbon. La personne s'est retrouvée coincée dans une ville, le jeu tournant à vide, sans un seul coup jouable.
Ce qui traverse ces griefs n'est pas un manque d'ambition : c'est l'impression d'un projet dont les réglages se sont arrêtés en chemin — la même impression, d'ailleurs, qui a laissé sur la boutique l'étiquette de chantier, sans mise à jour enregistrée. Les joueurs se partagent entre ceux qui franchissent les défauts et ceux qui abandonnent dès le début, et ce qui sépare les deux camps, c'est la dose que chacun supporte : perdre une campagne entière sur une décision mal fichue de la machine.
Ceux qui montent dans le train, et ceux qui descendent à la première gare
Bounty Train convient à qui aime mener une affaire sou par sou et que cela ne dérange pas de mettre la guerre en pause pour recalculer un trajet de fret : pour ce joueur-là, le mélange de commerce, de tactique et de progression de personnage rachète l'interface vieillissante et les défauts d'équilibrage qui semblent être restés sans réparation. Il ne convient pas à qui cherche un système de combat juste ou une campagne sans risque de tout perdre sur un clic de travers : pour cette personne, l'embuscade qu'un habitué résout par le calcul continuera de ressembler à un coup de dé, campagne après campagne. L'étiquette de chantier, au bout du compte, n'est pas qu'une mention de boutique : c'est un avertissement, le train roule, mais il tangue encore.