Popgoes Arcade : le spin-off d'un fan que Scott Cawthon a rendu officiel
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Un RPG rétro qui échange la pizzeria contre la forêt et réclame de la patience à son rythme avant de livrer le reste.
De la pizzeria à la forêt corrompue
Scott Cawthon signe la production de Popgoes Arcade sans avoir écrit une ligne de l'aventure : le jeu, c'est un fan qui l'a fait, Kane Carter, dans le cadre du programme par lequel la série ménage une place aux projets extérieurs, la Fazbear Fanverse Initiative. Le résultat vous sort de la pizzeria qui a défini la franchise et vous lâche dans une forêt corrompue, à la poursuite d'animaux hostiles, d'objets et de compétences — la mission, comme la résume la boutique elle-même, consiste à sauver le monde deux fois. Des visages connus se présentent, la poule Chica et le pirate Foxy, mais ils partagent l'affiche avec de nouvelles têtes, comme la belette Popgoes et la rate Manora.
La campagne qui ouvre l'aventure, 'La Forêt morte', existait seule depuis 2020 ; la version Steam arrive avec une suite inédite, 'Popgoes et le Machiniste', qui ne se débloque qu'une fois la première terminée. En 2025, le jeu lui-même a connu une refonte baptisée Fighting Chance, qui a redessiné une partie des mécaniques et des graphismes et introduit les cadeaux de combat, des modificateurs aléatoires qui rebattent les cartes à chaque affrontement. L'esthétique est celle du pixel des mini-jeux dont la série se sert pour raconter sa propre histoire ; ici, ce style devient le jeu tout entier.
Un délai d'un an tenu pile au bon anniversaire
En juin 2024, Kane Carter a publié une vidéo de quinze minutes qui dévoilait intégralement la mise à jour qu'il préparait. Il a tenu le délai qu'il s'était lui-même fixé : le paquet est sorti exactement un an plus tard, pour les neuf ans de la série Popgoes. Ont suivi des mois de réglages fins — la réparation d'un succès qui ne se débloquait pas, une série de correctifs baptisée WRAPPED UP! et, plus récemment, une mise à jour qui retouche encore l'équilibrage du jeu.
Vous entrez dans un jeu dont on continue de s'occuper : au milieu de ce calendrier d'entretien, l'univers Popgoes a même reçu sa propre application pour téléphone, myPOPGOES — signe que Kane Carter, qui ne signe ses communiqués que d'un 'Kane', traite toujours ce RPG comme un projet vivant et non comme une sortie refermée.
Ceux qui sont revenus des années après pour boucler les deux fins
Ceux qui écrivent sur Popgoes Arcade insistent tous sur le même retournement : l'emballage est celui d'un arcade mignon, mais dessous se loge le malaise habituel de la série, et c'est ce choc qui retient. Un joueur qui a terminé l'aventure en tout complétant, avec 28 heures au compteur le 23 septembre, décrit le mélange comme un croisement entre l'humour bêta du début et de vrais moments de stratégie, et désigne les secrets dispersés sur la carte comme ce qui valait le plus la peine d'être cherché. Un autre, avec 35 heures accumulées le 5 septembre, qualifie le jeu de trouvaille rare et le recommande à qui aime l'aventure rétro qui cache un mystère à décoder.
Certains l'avaient laissé de côté des années durant : un joueur a repris la campagne le 31 août, après l'avoir mise au placard peu après la sortie d'origine, et il a bouclé les deux fins au terme de cette longue pause — décrivant le résultat comme un avant-goût du prochain chapitre de la série, qu'il appelle déjà par le nom qui circule chez les fans. La réserve qui échappe à ce groupe, le plus dévoué de tous, entre deux éloges est toujours la même, et elle vaut aussi pour vous si vous vous lancez : prudence dans les combats, et l'habitude de sauvegarder souvent, car une mauvaise rencontre peut coûter cher.
Le même pas lent, vu par ceux qui ont lâché
Sur Steam, où le jeu est vendu, l'adhésion est large et les voix contraires sont rares — mais elles se rejoignent toujours au même endroit. Le reproche qui revient le plus ne porte pas sur ce qu'est le jeu, il porte sur sa vitesse. Un joueur qui a abandonné l'aventure après seulement 1 heure, le 29 août, détaille l'obstacle : le personnage marche beaucoup trop lentement, les rencontres aléatoires coupent l'exploration tous les quelques pas, et amasser de l'argent pour affronter les boss devient une obligation et non un choix ; les combats eux-mêmes, résume-t-il, apportent peu — bloquer et marteler la même touche. Un joueur français, avec 18 heures au compteur le 8 septembre, arrive au même grief de rythme par un autre chemin : il a dû laisser le jeu en vitesse doublée du début à la fin, et il complète sa liste de bémols par les graphismes, pointés comme le point faible aux côtés d'une bande-son qu'il salue.
Les reproches viennent aussi d'ailleurs que du gameplay. Un joueur russe, qui écrit le 7 septembre, regrette l'absence de sa propre langue : chaque indice et chaque nom de mécanique doivent être traduits au vol, ce qui pèse plus lourd encore quand on passe déjà la journée à lire des textes denses. Et un joueur qui attendait le sursaut caractéristique de la franchise principale, et qui est tombé sur un RPG en pixels, résume sa déception en comparant le résultat à un projet amateur inachevé — l'exact contraire de ce que décrivent d'ordinaire ceux qui en sortent conquis. C'est le même obstacle que les fans eux-mêmes mentionnent en passant, sauf qu'ici on ne le pardonne pas : il sépare ceux qui traversent la lenteur initiale de ceux qui referment le jeu dès la première heure — et c'est dans ce premier tronçon que vous choisirez votre camp.
Marcher lentement, et la forêt apparaît
Popgoes Arcade réclame de la patience avant de réclamer quoi que ce soit d'autre. Le même pas lent qui pousse un joueur à enclencher la vitesse doublée en pousse un autre à refermer le jeu dès la première heure — et, quand on met côte à côte les textes des joueurs, la frontière entre les deux groupes passe toujours là, et non par le goût de la franchise ni celui du genre. Qui franchit ce frottement atteint le reste : deux campagnes, des fins cachées, des secrets qui récompensent ceux qui reviennent des années après avoir lâché, et ce genre de blague dérangeante qui est la marque de la série depuis longtemps.
Ce n'est pas le jeu de qui veut la frayeur immédiate de la franchise principale, ni de qui se méfie déjà d'un RPG au combat simple. Si vous acceptez de marcher lentement, la forêt apparaît et le reste vient — et, une fois dedans, on ne lâche pas facilement.