One-Armed Cook : pour cuisiner, il faut emprunter le bras d'un ami
Sans échéance : il reste au catalogue jusqu’à ce que la boutique le retire.
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La disponibilité peut varier selon la région.
Le chaos physique qui fait rire fait aussi couler le jeu : le reproche le plus sévère ne vient pas de ceux qui ont peu joué.
Un seul bras : le second, il faut le demander
L'assiette sort de la cuisine en feu, arrive à la table du client toujours en flammes — et le client paie l'addition sans rien dire de la fumée. C'est ce genre d'accident, bien plus que les recettes de la carte, qui fait tenir l'humour de One-Armed Cook : une cuisine coopérative pour quatre personnes au maximum, avec une physique assez lâche pour transformer l'erreur en blague.
L'idée de départ est à prendre au pied de la lettre : chaque joueur ne contrôle qu'un bras, et il n'obtient le second qu'en l'empruntant à quelqu'un d'autre. On peut jouer seul, mais le jeu change alors complètement de nature : il s'agit d'absorber les commandes et de dresser des assiettes à partir de recettes simples, le livre de recettes toujours à portée de main pour qui oublie la marche à suivre, sans laisser la salle prendre feu pour de bon — à moins que votre partenaire ne jette d'abord l'extincteur par la fenêtre.
Le correctif annoncé en 2023, le blocage signalé en 2026
Sorti en août 2022, One-Armed Cook reste entre les mains de ceux qui l'ont fait. En septembre 2023, Duhndal a publié un communiqué reconnaissant qu'une bonne partie de ses joueurs se plaignait du multijoueur depuis longtemps, et annonçant une refonte des déplacements et de la physique des objets pour supprimer le délai entre le clic sur une assiette et le moment où l'on parvient à la saisir, même sur de mauvaises connexions. Le texte considérait le problème comme réglé.
Les retours les plus récents racontent autre chose. Un joueur affichant 21 heures, lancé à la poursuite du succès qui demande 50 parties terminées, a vu le compteur se figer à mi-chemin. Un autre, 2 heures au compteur, décrit des gels que seule la fermeture forcée du jeu permet de débloquer. Le communiqué de 2023 promettait la réparation ; qui s'installe pour jouer retrouve le même problème.
Pendant ce temps, le contenu payant n'a pas cessé de s'étoffer : les mêmes notes de mise à jour annoncent des cartes thématiques, une croisière où l'on prépare des sushis et un navire pirate sous le feu ennemi, ainsi qu'une refonte visuelle complète des cartes vendues séparément. Le studio mène les deux fronts en même temps : il élargit ce qu'il vend et rafistole ce qui plante.
L'évier sale, voilà le vrai méchant
Le compliment qui revient le plus ne porte sur aucune recette : il porte sur le partenaire. Dans un texte du 26 septembre, après 1 heure de jeu, le récit raconte une amitié qui se termine dans le jeu, à coups de poing, parce que le partenaire a mal fait la vaisselle. Dans un autre, du 14 septembre et après 5 heures de partie, la fin heureuse, c'est le restaurant entier qui flambe après que quelqu'un a jeté l'extincteur par la fenêtre. Un troisième commentaire, signé par quelqu'un qui cumule 2 heures, assure que pourchasser les rats de la carte des hamburgers et les coincer dans des positions impossibles amuse davantage que la cuisine. On s'y projette sans effort : l'évier débordant, la commande qui hurle à l'écran et votre seule main libre occupée à laver l'assiette qui devrait déjà être en salle.
Un joueur qui cumule 9 heures souligne, dans un commentaire du 5 septembre, tout autre chose : il apprécie de voir le handicap du protagoniste représenté sans qu'il devienne une blague de mauvais goût. Ceux qui sont restés plus longtemps apportent l'avertissement qui ouvre la section suivante : avec 34 heures au compteur, le texte du 27 septembre admet que la maniabilité volontairement bancale fait encore rire en groupe, mais que le contenu est mince et que la cuisine tourne à la routine bien avant la fin de la partie.
Trois recettes, une file de plantages
Le reproche le plus grave ne tient pas à l'humour, il est technique : le service bat son plein et l'écran se fige, obligeant à fermer le jeu à la main. Un joueur avec 2 heures de partie décrit exactement ce type de gel. Un autre, 1 heure investie, résume l'expérience comme quasiment injouable. Un troisième, lui aussi autour de 1 heure, décrit un jeu qui plante systématiquement en pleine partie et reconnaît que cela l'a agacé.
Un texte à part, également à 1 heure, ramène la carte à trois recettes et juge le résultat plus répétitif que drôle, en y ajoutant une plainte sur les rats qui circulent en salle. Un autre commentaire reproche au jeu d'empiler paiement sur paiement, compare le résultat au modèle de Roblox et vise précisément ces cartes supplémentaires que le studio vend séparément.
Malgré la liste des plantages, l'adhésion au jeu sur Steam — d'où proviennent les retours de joueurs utilisés dans cet article — reste large ; la donnée qui pèse le plus ne vient pourtant pas de ceux qui ont abandonné tôt, mais de ceux qui, comme le texte de 34 heures cité plus haut, sont restés assez longtemps pour voir la routine apparaître derrière le chaos.
Une soirée de chaos, pas une habitude
One-Armed Cook rend davantage sur une soirée isolée que dans une routine installée. Réunissez du monde, quatre personnes au maximum, et acceptez que la maniabilité gêne plus qu'elle n'aide : le désordre, c'est précisément la blague. C'est ainsi qu'un duo a résumé l'expérience, en riant pendant 45 des 50 minutes de sa partie. Qui préfère jouer seul perd une part du plaisir, car le jeu a été pensé pour se prêter des bras, pas seulement pour cuisiner ; qui vise une longue session se heurte au même récit que celui qui a atteint 34 heures : peu de recettes, de la répétition et le risque bien réel de se figer en plein service.
One-Armed Cook prête la seconde main ; la patience face à l'évier sale et à l'écran gelé, chaque joueur l'apporte de chez lui.