Drift86 : le même système de drift, qui accroche les uns et bloque les autres
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D'une langue à l'autre, la même scène revient : la voiture obéit aux uns et file sous les mains des autres. La différence ne tient pas au jeu, elle tient aux mains posées sur le volant.
Un drift qui s'apprend, ou qui ne s'apprend jamais
Un avis en turc résume la courbe d'apprentissage en une phrase : la logique du drift se loge dans la tête en dix à vingt minutes, et tout le reste du jeu se fait ensuite en descente. Chez quelqu'un d'autre, cette même logique ne prend jamais : une voiture qui glisse sans arrêt, une caméra coincée dans le mauvais angle, un virage censé être facile et qui ne l'est pas. Les deux expériences sortent du même système de drift, et c'est là-dessus que Drift86 mise tout.
On monte dans sa voiture préférée et on part chercher le record, seul ou accompagné : la 86 du titre occupe le centre de la fiche, aux côtés de plus de 30 circuits et de plus de 40 voitures au choix. Les drifts enchaînés se transforment en points sur une bande-son Eurobeat faite pour appuyer sur l'accélérateur, et le mode multijoueur permet de parler en temps réel avec ceux qui roulent sur la même piste.
Des livrées de joueurs, une voiture inédite et une suite annoncée
RewindApp, studio et éditeur de Drift86, a maintenu le jeu en vie à coups de mises à jour petites et régulières après sa sortie le 19 novembre 2019. Qui suit le jeu depuis cette date a vu arriver des circuits supplémentaires dans les packs DriftMania, Slot Car et Slot Car 2, une voiture baptisée FORF 1965, un nouvel angle de caméra et une série de livrées dessinées par la communauté elle-même – certaines signées par un créateur identifié comme itsShina, qui rassemblait les demandes sur le Discord du jeu. Chaque mise à jour a apporté une langue de plus : le russe, le turc, le portugais et le polonais sont arrivés dans la même fournée ; le français, dans une autre.
En décembre 2025, RewindApp a annoncé une suite directe : Akina, présentée par le studio lui-même comme l'héritière d'Initial Drift Online et de ce Drift86, devait sortir au début de l'année suivante – accompagnée d'une petite mise à jour pour Drift86, publiée le jour de ses débuts. Des mois plus tard, en présentant la bande-son électronique d'Akina, le studio a raconté que le public en attente dépassait déjà les 80 000 noms sur la liste de souhaits.
La vanne toute prête, la partie courte, la voiture qui colle
Beaucoup de ceux qui le conseillent écrivent en riant de leur propre partie. Dans un avis en portugais publié le 25 septembre, signé par quelqu'un qui dépassait déjà les 59 heures de jeu, un tonneau en état d'ivresse devient une vanne : le ton est celui de qui s'amuse davantage à raconter le désastre qu'à l'éviter. Un joueur russe, avec 1 heure au compteur seulement, salue l'optimisation et propose le jeu comme toile de fond pour un marathon de films de course-poursuite. Un avis espagnol, écrit après quelques minutes de jeu, qualifie l'expérience d'amusante sans être indispensable, et met au crédit de l'intelligence artificielle le fait que le mode solo tienne debout – parce que, dit la personne qui écrit, presque personne ne passe en multijoueur.
Un témoignage en français va dans le même sens : le jeu est simple, loin d'être complet, mais il remplit son rôle dans une partie rapide entre amis, sans exiger trop de concentration. Un avis italien approuve la jouabilité et demande, pour finir, que le studio continue de le mettre à jour. La personne qui écrit en turc résume l'attrait du système de drift et aussi sa limite : la logique se comprend vite, mais ce qui gâche le reste du plaisir, c'est l'intelligence artificielle qui, dans les virages les plus serrés, casse l'enchaînement de manœuvres du joueur.
La caméra qui ne tourne pas, la voiture qui n'obéit pas
Du côté de ceux qui le déconseillent, la même plainte revient sous des noms différents : la voiture glisse sans fin et ne répond pas aux commandes. Un long avis en allemand, publié le 26 septembre, traite le jeu de projet bâclé – pas de beaux graphismes, pas de personnalité, pas de bande-son à sauver – et désigne le comportement de conduite comme le défaut qui résume tous les autres : même le virage le plus simple tourne à la frustration, parce que la voiture n'arrête jamais de glisser. Si vous avez déjà tenté de rattraper une voiture qui part en glisse en braquant plus fort, et senti l'inverse de ce que vous attendiez, c'est de cette plainte qu'il s'agit. Un autre joueur se plaint que la caméra reste bloquée et refuse de pivoter, et que les voitures refusent de rouler droit dans quelque direction que ce soit.
Certains sont restés sur le jeu sans l'aimer pour autant : un avis en anglais, avec 75 heures enregistrées, juge les graphismes mauvais et le contrôle de la voiture compliqué – et reconnaît avoir tant joué pour les succès Steam, non par plaisir. Un témoignage turc prend la même direction : il propose des jeux mobiles à la mécanique plus solide plutôt que celui-ci, mais avoue continuer d'y jouer uniquement pour compléter le total des succès. Un autre avis pointe un défaut plus technique : les succès Steam n'avancent pas tout seuls et ne se débloquent qu'après l'aide d'un second joueur dans la partie.
À qui s'adresse la 86
La ligne de partage ne passe ni par les graphismes ni par le prix : elle passe par le système de drift lui-même. Si votre idée d'une bonne session tient dans une empoignade courte entre amis, sur fond d'Eurobeat, à rire de son propre désastre, Drift86 donne exactement cela, comme le suggère l'avis brésilien aux 59 heures. Si vous arrivez en cherchant un pilotage précis, une caméra libre et des virages qui répondent à la commande, vous butez précisément sur ce que décrivent les témoignages allemand et anglais : une voiture qui n'arrête jamais de glisser. Et il existe un troisième groupe, presque invisible dans les mots mais bien visible dans les heures de jeu : ceux qui n'aiment pas la façon dont la voiture se comporte et qui continuent d'y jouer quand même, à la poursuite du dernier succès en attente.